Extrait du livre – Le Chanvre : Merveille de la nature

INTRODUCTION

 

C’est en 1995, lors d’un séjour en Colombie-Britannique, que j’ai découvert l’existence du chanvre industriel. Par un bel après-midi de printemps, alors que je laissais mes pas me guider dans la magnifique ville de Vancouver, je suis tombé sur un des premiers, sinon le premier headshop[1] au Canada: Hemp BC. À l’époque, j’étais évidemment déjà au courant que le cannabis pouvait servir de drogue, mais j’ai été très surpris de voir des casquettes, des chemises et de la ficelle dans la vitrine de ce magasin qui semblait surtout spécialisé dans la vente de produits destinés à la consommation de stupéfiants.

Intrigué, je me suis dirigé vers l’entrée. Alors que ma main se refermait sur la poignée, j’ai eu l’étrange impression que ce n’était pas seulement une porte qui allait s’ouvrir devant moi, mais le couvercle d’un coffre aux trésors. Derrière les bongs, les pipes, le papier à rouler et le poster de Bob Marley, j’ai découvert le véritable prodige : le chanvre industriel. Bien informés, les employés ont répondu avec patience et générosité à mes nombreuses questions; je les sentais animés par le même intérêt qui m’inspire aujourd’hui.

C’est à ce moment qu’est née ma passion pour cette variété de chanvre, passion qui survit encore sans avoir perdu un seul cran de son intensité. En 2018, avant d’entreprendre la rédaction de cet ouvrage, je me suis interrogé sur mes motivations, considérant l’immense somme de travail que cette entreprise représentait. La réponse était cependant évidente : je ne pouvais pas ignorer une passion qui durait depuis près de 25 ans!

Il faut aussi reconnaître qu’avec la légalisation du cannabis à des fins récréatives au Canada, le moment est opportun pour parler des autres variétés de cette plante qui servent de façon utilitaire depuis qu’on a inventé l’agriculture. Car non, le cannabis, ce n’est pas juste une drogue.

Au chapitre 1, j’établis justement une distinction cruciale entre la drogue et le chanvre industriel. J’aborde certains mythes et croyances populaires et j’offre des explications qui, je l’espère, sauront satisfaire les plus critiques de mes lecteurs. Le chapitre 2 traite de l’histoire du chanvre. J’y porte surtout mon attention sur l’Amérique du Nord, plus précisément sur le Canada. Certains seront sûrement surpris d’apprendre qu’avant la prohibition, le chanvre était une plante fort utilisée au pays; nous verrons à quel point elle était importante pour nos ancêtres.

Les chapitres 3, 4 et 5 sont consacrés aux caractéristiques de la plante, ainsi qu’à ses procédés de transformation et à ses usages modernes. Le chapitre 6 aborde un aspect important de la plante : le CBD. Dans le passé, l’étude de ce phytocannabinoïde était presque impossible car le cannabis était illégal. Pour cette raison, les sources d’informations fiables sur le CBD sont plutôt rares. J’ai choisi de rester en surface, car pour traiter du CBD de façon complète, il faudrait aborder des aspects assez pointus concernant les processus chimiques du cerveau humain, et la neurobiologie est un domaine qui sort de mon champ de compétences. Ce chapitre peut néanmoins ouvrir des pistes à ceux et celles qui désirent pousser plus loin la recherche…

Vous trouverez en fin d’ouvrage un glossaire qui explique certains termes techniques utilisés au fil du texte et suivis d’un astérisque (*).

Ce livre n’a pas la prétention d’être exhaustif. Ce n’est pas non plus un manuel sur la culture du chanvre industriel. J’ai déployé de grands efforts pour être le plus rigoureux possible. Il est effarant de constater la quantité d’informations erronées ou contradictoires publiées sur le sujet au cours des 20 ou 30 dernières années. J’ai apporté un soin particulier à départager le vrai du faux, et même simplement à atténuer les exagérations qui caractérisent parfois les textes de ceux qui prétendent défendre la plante; sans le vouloir, ils nuisent à leur cause plus qu’ils ne l’aident. Il est grand temps de rectifier le tir et de redonner au chanvre ses lettres de noblesse.

J’espère que ce livre vous informera et vous divertira, et que sa lecture vous apportera un plaisir égal ou supérieur à la passion qui m’a inspiré les pages qui suivent. Même après plus de 20 ans de recherches, cette plante continue de m’étonner!

Patrick Pelletier ― 1er janvier 2019

 

[1] Le headshop (parfois appelé smokeshop) est un type de magasin où on peut se procurer des articles de fumeur et autres produits liés aux drogues récréatives. On les reconnaît facilement aux couleurs du drapeau de la Jamaïque souvent très utilisées dans leur décoration.

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